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Françoise Dô, le nouveau visage de Amazones

Un visage à l’ovale qui appelle des contrées où bat le poul de civilisations à la terre rouge et crue. Une couronne d’ébène brillante et des mots qui cisèlent les pages blanches : c’est Françoise Dô. La comédienne et autrice a été choisie pour être le visage de la première édition de Amazones dévoilé hier en couverture du Buzz Magazine Martinique. Le cliché a été réalisé par le photographe martiniquais Georges Emmanuel Arnaud avec la direction artistique des équipes du Buzz et de Amazones. Rencontre avec une femme puissante. 

Qui est Françoise Dô?

Je suis une amoureuse de la mer et des livres ainsi qu’une grande amatrice de gâteaux.
J’ai la chance de vivre en Martinique de mes métiers d’autrice, comédienne et metteure en scène.

Comment as tu abordé cette séance shooting?

J’y suis allée avec de l’appréhension. J’avais déjà hésité avant d’accepter parce que je ne suis pas un modèle.
Est-ce qu’on n’allait pas me demander trop…
Est-ce que tout le monde allait être satisfait du résultat…
Je me suis pliée à l’exercice du shooting en attendant les photos finalistes.
Mon corps était quand même devenu le corps de tout le monde.

Pour toi qu’est ce qu’une Amazone?

Dans ce mot, je vois d’abord l’aspect guerrière, comme pour la mythologie. On parle bien de lutte contre le cancer. C’est un nom qui me paraît approprié.
Je pense aussi au fleuve, le plus puissant fleuve du monde.
Un dernier attribut que doit avoir une amazone… Une femme puissante.

Qu’est ce que cela représente pour toi d’être le visage de cette toute première édition de Amazones? 

Je suis honorée que vous ayez pensé à moi. Je ne me rends pas bien compte de la mesure de cette expérience. C’est la première fois que je participe à ce type de projet. Je revenais tout juste dans l’île quand vous m’avez sollicité. Je ne m’attendais absolument pas à une telle demande. Je suis ravie d’être de la lutte à ma façon.

As tu rencontré des femmes étant passées par cette maladie ? Que retiens tu de ces rencontres?

Oui quelques-unes par hasard. Je n’en ai pas dans mon cercle privé.
Souvent j’ai été abordée par des compliments sur mes cheveux. Puis elles ont partagé leur expérience sur la perte de leurs cheveux, sur la peine qu’elles ont ressentie en perdant leurs cheveux. J’ai vu des femmes remises mais qui avaient envie de parler.
Je me suis demandée pourquoi elles en parlaient à une étrangère dans la rue. Et je suis rendue compte qu’elles devaient assumer le rôle de super héros auprès de leur entourage : ne pas flancher pour que les autres ne flanchent pas. Elles pouvaient se retrouver à porter leur maladie, leur chagrin et le chagrin des autres. Laissons-les parler.
C’est important le récit de soi. C’est important de pouvoir aussi dire « J’ai souffert », « J’ai eu peur », « J’ai eu mal », « J’ai aussi dû passer par des étapes douloureuses pour être ici avec vous avec le sourire et l’envie de vivre. »
C’est important d’être vu dans son humanité et non pas figée dans l’image de la femme d’après… Celle qui a vaincu le cancer et qui est l’héroïne de l’histoire.

Es tu sensibilisée à la prévention du cancer du sein? En parles-tu avec tes amies ou ta famille?

Je trouve que les campagnes de sensibilisation au cancer du sein sont très efficaces. Avec surtout l’octobre rose où on encourage les femmes à se faire dépister. Des phrases simples et drôles. « Je me suis fais toucher les seins et toi? »
Du coup, j’en parle oui, comme un acte normal surtout quand on sait que nous sommes très touchées sur l’île.

Un mot pour décrire l’amazone que tu imaginais en faisant ce shoot :

Réchappée.

L’actualité de Françoise 

Compagnon auprès de la metteure en scène Stéphanie Loïk pour la pièce Dix histoires au milieu de nulle part   ( novembre 2017 à Tropiques Atrium Scène Nationale),  vos petits bouts retrouveront aussi Françoise dans Barbichette de Domenico Carli (théâtre à l’école). Sa première pièce l’Aliénation Noire devrait revenir sur scène en 2018…